Le moment où j’ai arrêté de me mentir

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Le moment où j’ai arrêté de me mentir
Photo by Joshua Rawson-Harris / Unsplash

Ce n’est pas arrivé d’un coup.

Il n’y a pas eu de scène vraiment claire,
pas de mot précis.

C’était plus discret que ça.
Plus profond que ça.

Une accumulation de choses que je ressentais,
que je savais anormales au fond de moi,
mais que je repoussais.

Je ne voulais pas reconnaître
qu’un déséquilibre s’installait en moi.
Que je m’éteignais, doucement.

Je vivais une vie, je faisais face à des situations qui, en réalité, étaient inacceptables.

Des détails que j’expliquais.
Des situations que je minimisais.
Des émotions que je taisais.

Je savais.

Mais je refusais de le verbaliser.

Parce que le verbaliser,
c’était reconnaître tout ce que j’avais laissé passer.

Parce que voir vraiment,
ça oblige à bouger.

Et moi, je n’étais pas prête à tout remettre en question.

Alors je suis restée dans cet entre-deux.

Pas bien.
Mais pas encore prête à accepter que je m'étais trompée.
Pas en paix.
Mais encore en train de convaincre autour de moi que ça allait.

À force de prière, à force de jeûne, à me convaincre que ça irait.

Jusqu’au moment où mon corps a parlé.

En silence pour les autres,
mais dans un fracas violent en moi.

J’avais mal à mon être,
sans comprendre
que ça aussi…
ce n’était pas normal.

J'ai découvert que ce que mon corps et mon esprit encaissaient portait un nom "ANXIETE".

Et j'ai fini par comprendre une chose simple :

Je passais plus de temps à me rassurer qu’à me sentir bien. Et là, ce n’était plus une question de situation. C’était une question de vérité et de survie. Je ne pouvais plus faire comme si.

Pas parce que tout était devenu insupportable.

Mais parce que c’était devenu clair.

Et quand c’est clair,
on ne sait plus vraiment revenir en arrière de la même manière.

Je ne voulait plus rester là et me voir mourir à petit feu.

Pour ma survie, pour mes enfants, je devais arrêter de me mentir.