Il n'agit pas comme on le pense
Pendant des années, j'ai cru que prier et jeûner allait automatiquement résoudre mes problèmes.
Que le ciel s'ouvrirait. Que quand je dirais Amen, j'entendrais une réponse claire, directe, immédiate.
Je veillais. Je priais. Sur des thèmes précis, avec des attentes précises.
Et je ne voyais rien.
Ce que j'ai compris avec le temps, c'est que Dieu répond. Mais pas comme on le pense.
Il agit de manière subtile. Parfois avec une semence qui passe complètement inaperçue — et qui porte ses fruits des années plus tard. Pas dans le calendrier qu'on lui impose. Dans le sien.
Pendant une période où trop d'aspects de ma vie étaient difficiles en même temps.
Pas une seule épreuve. Plusieurs. Simultanément. Et sans le soutien que j'aurais cru avoir. Je faisais face à des défis que je ne laissais pas transparaître. Je continuais. Je tenais. Mais en vrai, c'était dur.
J'avais ma voix. Alors je la mettais au service de ceux à qui elle pouvait faire du bien. Je me portais volontaire pour aller chanter lors de cérémonies funèbres — réconforter des familles endeuillées à travers un temps de louange et d'adoration.
Je n'attendais rien en retour. C'était juste ce que je pouvais donner à ce moment-là. Je n'avais pas grand-chose. Mais ce que j'avais, je le donnais.
À cette même période, financièrement c'était très compliqué. Mes charges dépassaient ce qui rentrait. Je priais. Je ne voyais rien entrer. Au contraire — j'avais l'impression que l'étau se resserrait.
Et puis un jour, quelqu'un avec qui je me rendais régulièrement à ces cérémonies me tend un billet.
"Je te cherchais depuis plus d'un mois. Ces 50€, c'est de la part d'une des familles pour lesquelles nous avons chanté il y a plus de six mois. Ils tenaient à remercier pour votre cœur à les soutenir dans ce moment."
Ce jour-là, mes larmes ont coulé.
Ma fille m'a regardée et m'a dit :
"Mais maman, c'est que 50€. Pourquoi tu es émue comme ça ? C'est pas comme si on t'avait donné une grosse somme."
Elle ne savait pas. Elle ne pouvait pas savoir ce que ce geste représentait à ce moment précis. Ce que cette symbolique signifiait pour moi.
50€ n'allaient pas régler mon loyer. Mais ce n'était pas le sujet.
Le sujet, c'est que je criais vers Dieu depuis des mois — comme David dans le Psaume 13 :
"Jusqu'à quand, Éternel, m'oublieras-tu toujours ? Jusqu'à quand me cacheras-tu ta face ?"
Cette prière qui ressemble à un abandon mais qui est en réalité la prière la plus honnête qu'on puisse faire.
Et là, à travers ce geste que je n'avais pas vu venir, Il me rappelait qu'Il était là.
"Je ne te laisserai point, je ne t'abandonnerai point." — Hébreux 13:5
J'ai pensé à Élie sous le genévrier. Épuisé. Ayant tout donné. Ne voulant plus courir. Et Dieu qui n'envoie pas un discours — Il envoie du pain et de l'eau. Un geste simple. Concret.
C'est souvent comme ça qu'Il répond. Pas dans le fracas. Dans le geste qu'on n'attendait pas.
J'ai pensé à quelqu'un qui court de toutes ses forces. Qui donne tout ce qu'elle a. Qui continue d'avancer malgré tout pendant cette course. Et qui, à la dernière minute, quand elle ne veut plus croire qu'elle arrivera au bout de sur ces jambes, se fait rattraper par quelqu'un qui lui dit doucement :
Je serai toujours là. Je ne te laisserai jamais tomber. Mais j'agirai quand tu seras prête.
C'est ça que j'ai appris.
La foi n'est pas un distributeur automatique. Ce n'est pas une formule qui efface les difficultés dès qu'on prononce les bons mots.
C'est une discipline. Un regard à rééduquer. Apprendre à voir ce qui est semé là où on cherchait une récolte immédiate.
Et apprendre à donner — même quand on manque — sans calculer ce qui reviendra.
Parce que c'est souvent là, dans ce qu'on donne sans attendre, que la réponse se cache.
Sois confiante.
Ya Lisette