J’ai grandi en pensant que les psy, c’était pour les fous.

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J’ai grandi en pensant que les psy, c’était pour les fous.
Photo by Jared Rice / Unsplash

J’ai grandi en pensant
que les psy, c’était pour les fous.

Pour les gens dérangés.
Ceux qui ne sont pas “normaux”.

Être forte, pour moi,
c’était tout gérer seule.

Ne rien demander.
Tout porter.

Et surtout, ne pas trop parler
de ce qui ne va pas.

Parce que ce n'était pas toujours si grave.

Donc quand ça ne va pas,
ça va quand même.

Parce que "c’est comme ça".

Je pense que c’est pour ça
que je n’ai pas vu
que je m’effondrais intérieurement.

Pour moi, c’était normal, après tout la vie est faite de phases.

Alors on est forte.
On avance.

La santé mentale, dans ma culture,
comme dans ma religion,
ce n’était pas un sujet.

Aller chez le psy
n’était pas une option conseillée.

Donc on n’y va pas.

Et si on y va,
on a l’impression
de faire quelque chose d’anormal.

La vérité que j’ai mis du temps à accepter,
c’est que me faire accompagner,
en plus de ma foi,
quand je me sentais débordée émotionnellement,
m’aurait évité de porter autant seule.

Ma foi m’a portée.
Elle m’a relevée.
Elle m'a redonné la paix.

Mais ça n’enlevait pas
ce que je ne comprenais pas en moi.

Pas parce que j’étais brisée.
Mais parce que j’étais perdue
dans ma propre vie.

Pour comprendre ce qu’on porte,
ce qu’on traîne,
ce qu’on reproduit,
sans même s’en rendre compte.

Parce que ce qu’on ne regarde pas finit toujours par sortir dans nos relations,
dans notre manière de parler aux autres, dans notre manière de vivre.

Se faire aider quand on est perdu dans sa propre vie,
ce n’est pas un signe de faiblesse.

C’est décider de s’écouter.
De choisir pour soi.

Au lieu de laisser les autres —
ou les silences qu’on t’a appris —
décider à ta place.

Revenir à soi, ça fait du bien.

Sois heureuse.
Ya Lisette.